Véhicules Premium Neufs Et D'occasion Automobile de L ...

Pour la manifestation de Prague contre le FMI et la Banque Mondiale - Ecrasons l’exploitation impérialiste par la révolution ouvrière internationale ! (Part 2)

https://archive.is/7OWsr
La première intervention de l’ONU (1950-1953) fut une «action de police» contre les Etats ouvriers déformés nord-coréen et chinois, au cours de laquelle jusqu’à 4 millions de Coréens ont été massacrés. Dix ans plus tard, c’est sous les auspices de l’ONU que fut organisée l’intervention militaire meurtrière dans l’ex-Congo belge comprenant l’assassinat du dirigeant nationaliste de gauche Patrice Lumumba.
Une des variantes d’anarchistes les plus à gauche, a écrit un article sur le «site web A-Infos» qui se distingue nettement des organisateurs de la manifestation de Prague par son refus tranchant d’implorer l’ennemi de classe pour lui demander d’agir moralement en «abolissant la dette du tiers-monde». Il appelle à écraser le FMI et la Banque mondiale et propose: «On fera directement la demande non aux apaiseurs et Cie, mais aux organisations ouvrières et à leurs directions réformistes pour bazarder le FMI et la Banque mondiale et pour abolir les trillions de dollars de dette MAINTENANT!» Mais on ne transformera pas le monde par des slogans avancés lors d’une grosse manif ou même d’une grosse grève, et les directions réformistes auxquelles l’article fait appel soutiennent le capitalisme impérialiste. Comment alors passer du capitalisme au socialisme? C’est à cette question que l’anarchisme n’a pas de réponse.
La théorie marxiste et le modèle des bolchéviks de Lénine qui ont conduit la classe ouvrière au pouvoir d’Etat lors de la Révolution russe d’octobre 1917 sont la seule voie révolutionnaire. Les ouvriers ne peuvent pas s’emparer de la machine d’Etat capitaliste et la «réformer» dans l’intérêt des opprimés. Ils doivent se battre pour le pouvoir, écraser l’Etat capitaliste et créer un Etat ouvrier – une dictature du prolétariat – qui réprimera la résistance contre-révolutionnaire des ex-oppresseurs capitalistes. Les bolchéviks de Lénine ont aboli la dette amassée par le tsar et la bourgeoisie russe en prenant le pouvoir et en refusant de la payer. Cela faisait partie intégrante de la perspective révolutionnaire internationaliste des bolchéviks – non pas se concilier l’impérialisme, mais combattre pour étendre la Révolution russe et aller vers une révolution socialiste mondiale. Ils comprenaient qu’on ne pouvait pas construire le socialisme dans un pays seulement.
Nous autres marxistes nous battons pour l’élimination de la pénurie, pour une société dans laquelle les ouvriers profitent des fruits de leur travail aujourd’hui exproprié par les capitalistes. Cela va à l’encontre des aspects réactionnaires de l’idéalisme prêché par des anarchistes traditionnels comme Proudhon et dont les «Verts» petits-bourgeois se font aujourd’hui l’écho, selon lequel les ouvriers ne doivent pas aspirer à l’abondance mais vivre une existence communautaire spartiate. Demander aux ouvriers de se «serrer la ceinture» c’est en fait le programme prêché par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale dans les politiques d’«austérité» draconiennes qu’ils infligent aux masses du «tiers-monde». Au nom de la «défense de l’environnement», les partis écologistes qui font aujourd’hui partie des coalitions gouvernementales en Allemagne et en France sont même plus agressifs que les sociaux-démocrates pour imposer l’«austérité». Face aux récentes protestations massives contre les prix exorbitants de l’essence, les Verts en France se sont opposés aux concessions du Premier ministre, du Parti socialiste, réduisant de 15% la taxe sur l’essence.
A l’opposé de l’impulsion des anarchistes et des Verts à freiner l’avance technologique et à réduire les niveaux de consommation, nous autres marxistes sommes du côté de Big Bill Haywood, un dirigeant des IWW (Industrial Workers of the World [Travailleurs industriels du monde], connus également sous le nom de «Wobblies»). Répondant à un camarade qui lui reprochait de fumer un bon cigare, il rétorqua: «Rien n’est trop bon pour le prolétariat!» Les marxistes savent que l’histoire du progrès humain c’est la lutte pour maîtriser les forces de la nature. Le développement de l’agriculture et la domestication des animaux sont une incursion heureuse dans l’«écologie naturelle» de la planète qui a créé un surplus social, fournissant un moyen d’échapper au combat bref et brutal pour la survie quotidienne dans la société humaine primitive. Pour étendre aux masses pauvres du «tiers-monde» toutes les choses que les militants de gauche petits-bourgeois à l’Ouest considèrent comme acquises – l’électricité, les écoles, l’eau potable au robinet, les médicaments, le transport public, les ordinateurs – il faudra effectuer un énorme bond dans la capacité industrielle et technologique. Ce bond requiert une révolution internationale victorieuse dirigée par une avant-garde révolutionnaire consciente qui fasse prendre conscience à la classe ouvrière de sa mission et qui l’arrache des mains des larbins réformistes et pseudo-révolutionnaires du capitalisme.
C’est précisément parce qu’ils sont au service de la bourgeoisie que les «Verts» nationalistes bourgeois ferment les yeux devant les plus grands désastres écologiques de la planète. Joschka Fischer, par exemple, le ministre «vert» des Affaires étrangères du Quatrième Reich a bruyamment soutenu le bombardement de la Serbie. Les Balkans sont maintenant criblés de douilles d’uranium appauvri; l’eau est empoisonnée, l’industrie moderne et l’infrastructure sociale ont été détruites. Cela signifie que le véritable décompte des victimes de la guerre des Balkans va continuer à s’allonger pendant les années à venir. Avec des «Verts» comme ça, pas besoin du Dr. Folamour, d’IG Farben ou de Dow Chemical Company!
De même, la guerre du Golfe contre l’Irak en 1991 a détruit l’une des sociétés les plus avancées de cette région du monde. Il y a dix ans, le taux de mortalité infantile en Irak était parmi les plus bas du monde; aujourd’hui il est le plus élevé; une population dont l’écrasante majorité savait lire et écrire et avait accès aux soins médicaux est aujourd’hui en train de mourir de faim à cause du blocus actuel des Nations Unies. Les organisations soi-disant de «gauche» qui étaient opposées à la guerre aérienne dévastatrice contre l’Irak, avaient proposé ces sanctions de l’ONU comme alternative «humanitaire». La LCI s’était opposée aux sanctions qui sont un acte de guerre qui a tué davantage de gens que les bombes. On ne peut expliquer le silence assourdissant sur ces questions dans toute propagande officielle pour les protestations anti-«mondialisation» de Seattle, Washington et Prague que par le fait que la soi-disant gauche a soutenu ces crimes atroces de l’«impérialisme des droits de l’homme». La LCR française a ouvertement appelé à une intervention militaire impérialiste au Kosovo sous le contrôle de l’OSCE ou de l’ONU (Rouge, 1er avril 1999). La LICR (par la voie de Workers Power, organisation soeur de Pouvoir ou-vrier en France) a ouvertement fait campagne pour la défaite des forces serbes par l’UCK, instrument de l’impérialisme de l’OTAN, a partagé la tribune avec des partisans enthousiastes du bombardement de l’OTAN lors d’un meeting à Londres. Elle a aussi applaudi au retrait des troupes serbes, et déclaré stupidement qu’à la suite de la victoire de l’OTAN au Kosovo, «une situation pré-révolutionnaire est en train de mûrir» («The Fight to Overthrow Milosevic in Serbia» [Le combat pour renverser Milosevic en Serbie], déclaration de la LICR du 11 août 1999).
La LCI, par contre, s’est partout battue pour la défense militaire de la Serbie contre l’impérialisme des USA, de l’ONU et de l’OTAN sans donner un milligramme de soutien politique au chauvin serbe Milosevic. De même précédemment, lors de la guerre du Golfe, nous avons cherché à mobiliser le prolétariat pour la défaite de l’impérialisme et nous avons appelé sans ambages à la défense de l’Irak. (Cf. la déclaration de la LCI d’avril 1999 sur les Balkans, dans Spartacist édition française n°33, printemps 2000.) Les révolutionnaires internationalistes luttent pour la défaite de leur «propre» bourgeoisie et pour la défense des victimes de la guerre impérialiste. L’orgie de social-chauvinisme dans laquelle se sont vautrées les organisations de la pseudo-extrême gauche découle directement de leur soutien aux gouvernements européens qui ont mené la guerre des Balkans. Deux ans auparavant, le SWP britannique avait fait campagne pour Tony Blair et avait déclaré être «aux anges» après son élection, alors que Blair était le plus grand «faucon» de l’OTAN en Europe. Dans la guerre des Balkans le SWP britannique avait une position qui semblait à gauche en comparaison avec la bande de flagorneurs qui s’excitaient pour le «pauvre petit Kosovo»; mais le soutien plein et entier du SWP à Tony Benn et son «nouveau» travaillisme, dont l’opposition à la guerre était totalement imprégnée de l’anti-américanisme chauvin de la «petite Angleterre», montre quel était son jeu. Un mouvement qui demande que la guerre soit menée directement par les brutes impérialistes d’Europe plutôt que par celles des Etats-Unis, en voilà un mouvement antiguerre!
A l’extrême droite de toutes ces variantes de nationalistes, il y a les fascistes. L’an dernier, les nazis allemands ont manifesté avec des mots d’ordre contre la guerre des Balkans comme «Pas de sang allemand pour des intérêts étrangers!» L’anti-américanisme nationaliste dont est imprégné le mouvement européen anti-«mondialisation» s’étend carrément jusqu’au fascisme. Des organisations fascistes tchèques ont l’intention d’organiser une provocation pour leur programme de génocide à Prague le 23 septembre.
Dans le creuset de la première guerre importante en Europe depuis 50 ans, les pseudo-«trotskystes» se sont révélés être des produits de décomposition de la «mort du communisme». Aujourd’hui ils manoeuvrent pour se mettre à la tête du «mouvement anti-mondialisation» et le contrôler. Mais il faut être bien naïf pour faire confiance à des groupes qui ont aidé à mettre au pouvoir les gouvernements capitalistes européens actuels, et de croire qu’ils peuvent maintenant lutter contre ces gouvernements, leurs banques et leurs institutions dans l’intérêt des opprimés. Loin de présenter une alternative marxiste à l’anarchisme, les pseudo-trotskystes sont des opposants actifs au marxisme révolutionnaire qu’incarnent le programme et le travail de la LCI.
La base matérielle de l’opportunisme et du chauvinisme
L’idéologie bourgeoise, comme par exemple le nationalisme, le patriotisme, le racisme et la religion, pénètre dans la classe ouvrière principalement par le truchement des «lieutenants ouvriers du capital», autrement dit les bureaucraties syndicales parasitaires qui s’appuient sur la couche supérieure privilégiée de la classe ouvrière. S’ils ne sont pas remplacés par une direction révolutionnaire, ces réformistes ne feront que désarmer la classe ouvrière face aux attaques capitalistes et laisseront détruire ou paralyser les organisations du prolétariat en enchaînant de plus en plus les syndicats à l’Etat capitaliste. Dans son ouvrage de 1916, l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, Lénine expliquait: «Les profits élevés que tirent du monopole les capitalistes d’une branche d’industrie parmi beaucoup d’autres, d’un pays parmi beaucoup d’autres, etc., leur donnent la possibilité économique de corrompre certaines couches d’ouvriers, et même momentanément une minorité ouvrière assez importante, en les gagnant à la cause de la bourgeoisie de la branche d’industrie ou de la nation considérées et en les dressant contre toutes les autres. Et l’antagonisme accru des nations impérialistes aux prises pour le partage du monde renforce cette tendance. Ainsi se crée la liaison de l’impérialisme avec l’opportunisme [...]. Les gens les plus dangereux à cet égard sont ceux [comme le menchévik Martov] qui ne veulent pas comprendre que, si elle n’est pas indissolublement liée à la lutte contre l’opportunisme, la lutte contre l’impérialisme est une phrase creuse et mensongère.»
Le chauvinisme et la veule capitulation devant la bourgeoisie des organisateurs du mouvement anti-«mondialisation» sautent aux yeux. Ainsi les organisateurs syndicaux de la manifestation de Seattle contre l’OMC se sont unis à des forces anticommunistes d’extrême droite pour dénoncer le «travail esclavagiste» dans les Etats ouvriers déformés chinois et vietnamien. Ils ont jeté de l’acier chinois dans le port avec des pancartes proclamant «le peuple d’abord, pas la Chine d’abord». Des bureaucrates syndicaux américains ont fait campagne pour que les camionneurs mexicains soient interdits d’activité aux Etats-Unis; ils confirment bien la description que Trotsky a faite de la bureaucratie syndicale américaine, à savoir qu’elle est l’instrument idéal de Wall Street pour la domination impérialiste de l’Amérique latine. Ce n’est pas pour rien que l’AFL-CIO est surnommée «AFL-CIA» dans toute l’Amérique latine. Cela n’empêche pourtant pas l’organisation Rifondazione Comunista et le groupe pseudo-trotskyste Proposta d’Italie de considérer la «direction» de l’AFL-CIA comme l’exemple à suivre par les ouvriers européens (voir Proposta n°27, janvier 2000)!
Avant Prague, le SWP britannique avait bossé dur pour organiser une manifestation syndicale protravailliste pour la défense des emplois britanniques dans l’usine automobile de Rover. Dans cette manifestation les drapeaux britanniques flottaient partout et il régnait un virulent chauvinisme anti-allemand qui dressait les ouvriers britanniques contre les ouvriers allemands et qui les enchaînait aux capitalistes britanniques. Pour donner une idée du climat chauvin empoisonné: il y avait des slogans comme «la Grande-Bretagne a gagné deux guerres mondiales, gagnons la troisième». Après Rover, le SWP s’est jeté dans la campagne pour l’élection à la mairie de Londres de Ken Livingstone, un politicien travailliste qui était un partisan forcené de la terreur impérialiste contre la Serbie et d’une police débridée en Grande-Bretagne même. Quand des manifestants anarchistes ont irrévérencieusement barbouillé de peinture les symboles de l’impérialisme britannique au cours d’une manifestation du Premier mai à Londres, le SWP est resté en dehors (à part une présence symbolique), de peur de mettre Ken Livingstone, le «rouge», son candidat à la mairie de Londres, dans l’embarras. Livingstone a soutenu la répression policière des manifestants du Premier mai dont plusieurs languissent encore en prison ou font face à des poursuites.
En France, José Bové dirige des manifestations de masse contre McDonald’s et les incursions des fast food américains contre le palais des Français. Notre intérêt, c’est d’organiser les travailleurs horriblement sous-payés de ces chaînes de fast food, quels que soit la nationalité de leur propriétaire ou leur genre de cuisine. De plus, si les préférences culturelles ou culinaires sont synonymes d’«impérialisme», alors selon le point de vue de Bové, c’est des Italiens que nous devrions nous préoccuper, car les gens adorent les pizzas, qui sont aujourd’hui vendues partout des îles Aléoutiennes jusqu’en Amazonie. Etait-ce de l’«impérialisme» lorsqu’un certain équipement allemand, l’imprimerie, conquit le monde et rendit possible l’alphabétisation de masse?!
Mais revenons à des choses plus sérieuses. Le chauvinisme et l’opportunisme des bureaucrates syndicaux et des organisations soi-disant de gauche empoisonnent la conscience et la solidarité de classe des ouvriers en fomentant les divisions religieuses, nationales et ethniques. Au cours des dernières années, cela a atteint des niveaux délirants avec la frénésie anti-immigrés. Ceci menace l’unité et l’intégrité du prolétariat en tant que classe, qui sont nécessaires pour résister aux attaques des capitalistes et de leur Etat. Comme le souligne la déclaration de principes de la LCI (Spartacist édition française n° 32, printemps 1998): «Le capitalisme moderne, c’est-à-dire l’impérialisme, qui s’étend dans tous les recoins de la planète, importe dans le prolétariat, au plus bas de l’échelle, au cours de la lutte des classes et en fonction des besoins de l’économie, de nouvelles sources de main-d’oeuvre meilleur marché, surtout des immigrés venant de régions du monde plus pauvres et moins développées, des ouvriers qui ont peu de droits et dont on considère qu’on peut plus facilement se débarrasser en périodes de récession économique. Ainsi le capitalisme crée continuellement de nouvelles couches parmi les ouvriers; en même temps, il rassemble et mélange les ouvriers de nombreux pays différents.»
Aveclesaccords de Schengen, les puissances européennes ont fermé leurs frontières aux immigrés, dont beaucoup fuyaient la destruction contre-révolutionnaire de l’Europe de l’Est. Aujourd’hui, les politiques racistes anti-immigrés des sociaux-démocrates au pouvoir font écho à la démagogie nazie qui dit que «le bateau est plein», et attisent effectivement la terreur fasciste. Pendant ce temps en Europe, les gouvernements sociaux-démocrates de front populaire (gouvernements de coalition incluant des partis ouvriers réformistes et des partis bourgeois) bercent dangereusement les ouvriers d’illusions parlementaires et font croire que les sociaux-démocrates, dont les politiques pavent elles-mêmes la voie aux fascistes, vont «interdire» les fascistes. L’histoire montre que ces interdictions ne servent qu’à redorer l’image de cette même bourgeoisie qui recourt au fascisme quand sa domination est menacée. L’histoire montre aussi que ces interdictions contre les «extrémistes» ne sont pas utilisées contre la droite mais contre la gauche. En Allemagne dans l’immédiat après-guerre, un petit parti néo-nazi fut interdit en 1952 pour redorer le blason démocratique des héritiers du Troisième Reich qui reconstruisaient l’Allemagne capitaliste sous les auspices de l’impérialisme américain. Mais l’objectif réel c’était de «justifier» une interdiction constitutionnelle du Parti communiste allemand en 1956. Nous exigeons: Pleins droits de citoyenneté pour tous les immigrés! Aucune confiance dans l’Etat bourgeois! Pour des mobilisations ouvriers/minorités pour stopper les fascistes!
C’est le parti qui est l’instrument de la révolution socialiste
C’est le parti léniniste qui est l’instrument permettant d’apporter la conscience révolutionnaire au prolétariat, d’organiser les luttes prolétariennes et de les guider vers leur consolidation victorieuse en une révolution socialiste. Un parti révolutionnaire doit combattre tout cas d’injustice sociale et toute manifestation d’oppression. Une de nos tâches centrales c’est le combat contre toute oppression des femmes, de même que contre «tout le vieux fatras» revenu en force avec l’obscurantisme religieux, les attaques contre le droit à l’avortement et le fanatisme anti-homosexuels. Il est aussi capital d’allier l’audace de la jeunesse à la puissance sociale du prolétariat pour se battre pour une nouvelle société socialiste.
Nous cherchons à constituer une direction révolutionnaire dont les cadres doivent être éprouvés et formés par la lutte de classe. La voie que nous voulons suivre, c’est que nos forces, modestes pour l’instant, qui adhèrent au programme de Lénine et Trotsky, forgent des partis ayant l’expérience, la volonté révolutionnaire et l’autorité parmi les masses qu’il faut pour diriger des révolutions prolétariennes victorieuses. Sans reforger une Quatrième Internationale trotskyste, on ne pourra pas mener à bien la tâche de diriger les ouvriers et les opprimés vers la victoire du socialisme mondial. Nous ne nous berçons pas d’illusions sur la difficulté de cette voie, et de plus nous réalisons que le fait qu’une bourgeoisie irrationnelle et génocidaire possède la technologie de l’holocauste nucléaire, réduit les possibilités: nous n’avons pas beaucoup de temps.
C’est le programme et les pratiques du communisme authentique qui nous guident. Comme Trotsky l’a écrit dans l’ Agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale (1938): «Regarder la réalité en face: ne pas chercher la ligne de moindre résistance; appeler les choses par leur nom; dire la vérité aux masses, quelque amère qu’elle soit; ne pas craindre les obstacles; être rigoureux dans les petites choses comme dans les grandes; oser, quand vient l’heure de l’action: telles sont les règles de la IVe Internationale.» Adhérez à la Ligue communiste internationale!
http://www.icl-fi.org/francais/oldsite/PRAGUE.HTM
submitted by ShaunaDorothy to FranceLeBolchevik [link] [comments]

Vague de grèves combatives en Chine - Pour une direction lutte de classe ! Défense de l’Etat ouvrier bureaucratiquement déformé ! Pour une révolution politique prolétarienne ! (Septembre 2010)

https://archive.is/QXeTI
Le Bolchévik nº 193 (Septembre 2010)
La vague de grèves pour une augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail qui a balayé la Chine ces dernières semaines doit être soutenue par tous les travailleurs conscients du monde. Les grèves ont commencé le 17 mai dans une usine de boîtes de vitesse Honda à Foshan, dans la province méridionale du Guangdong, que les ouvriers ont arrêtée pendant près de trois semaines. Avec l’arrêt des livraisons de pièces fabriquées par cette usine, la production s’est arrêtée sur toutes les chaînes de montage de Honda en Chine.
Après que les ouvriers eurent obtenu des augmentations de salaires d’environ 30 %, les grèves se sont étendues à d’autres usines dans le Guangdong, une région qui se développe à une vitesse accélérée, et au-delà. La plupart ont eu lieu dans des usines appartenant à des sociétés étrangères, notamment des constructeurs automobiles japonais. Les ouvriers ont aussi fait grève dans plusieurs usines appartenant à des sociétés taïwanaises, dont une usine d’articles en caoutchouc près de Shanghai, où une cinquantaine de personnes ont été blessées dans des affrontements avec la police, ainsi que sur des sites appartenant à des capitalistes chinois.
Les capitalistes étrangers et locaux qui opèrent en Chine ont amassé d’énormes profits par l’exploitation d’une force de travail en grande partie composée de travailleurs migrants originaires des campagnes. Beaucoup d’ouvriers sont obligés de travailler 60 à 70 heures par semaine pour des salaires à peine au-dessus du minimum vital. Les conditions qu’ils endurent ont été étalées au grand jour avec la vague de suicides, largement médiatisée, dans l’immense usine d’électronique Foxconn à Shenzhen, également dans le Guangdong. Au moins dix ouvriers se sont donné la mort cette année dans ce complexe industriel appartenant à des Taïwanais, où 300 000 ouvriers font de longues journées de travail, sous une discipline sévère, assemblant des ordinateurs et des téléphones portables pour Apple, Dell, Sony et d’autres grandes entreprises américaines et japonaises. En même temps, l’énorme concentration de travailleurs chez Foxconn montre l’immense puissance potentielle de la classe ouvrière chinoise.
Avec le développement économique considérable qu’elle a connu depuis plusieurs décennies, la Chine possède de loin la classe ouvrière industrielle la plus nombreuse du monde. Les luttes ouvrières menées dans ce pays ont donc une importance majeure. En résultat de la Révolution de 1949, le capitalisme a été renversé en Chine, et une économie collectivisée a été mise en place. Bien que déformé depuis le début par le régime de la bureaucratie du Parti communiste chinois (PCC) stalinien, ce renversement révolutionnaire était une immense victoire pour les travailleurs du monde entier. Malgré les empiétements capitalistes dus aux « réformes de marché » du régime du PCC, le cœur de l’économie est toujours basé sur la propriété nationalisée (voir « Les réformes de marché en Chine », le Bolchévik n° 177, septembre 2006).
Contrairement aux grands pays capitalistes, embourbés dans une profonde récession, avec des dizaines de millions d’emplois supprimés, l’économie chinoise a continué à se développer ces deux dernières années, même si le secteur de son économie tourné vers l’exportation a été assez secoué par la crise mondiale. C’est sa capacité à canaliser les ressources dans le secteur collectivisé qui a empêché la Chine d’être entraînée dans une crise économique profonde, du type de celles qui sont inhérentes au système capitaliste de production pour le profit. L’économie chinoise est à nouveau en train de se développer rapidement, ce qui produit une importante pénurie de main-d’œuvre. Les investissements de l’Etat dans les villes de l’intérieur de la Chine ont absorbé la plus grande partie de la main-d’œuvre qui migrait vers les usines des zones côtières de l’est.
Les grandes puissances impérialistes – Etats-Unis, Japon, Allemagne, etc. – sont toujours déterminées à restaurer le capitalisme et à ouvrir entièrement la Chine à l’exploitation capitaliste. De même que les travailleurs des pays capitalistes doivent défendre leurs syndicats contre les patrons malgré leurs directions traîtres, ils doivent défendre la Chine contre la contre-révolution capitaliste malgré le régime bureaucratique répressif et ses nombreuses concessions au capitalisme.
En mettant des travailleurs migrants sous-payés à la disposition des sociétés étrangères pour qu’elles les exploitent, la bureaucratie du PCC joue en fait le rôle de pourvoyeur de main-d’œuvre pour les impérialistes et les capitalistes chinois de l’extérieur. Il y a maintenant dans la bureaucratie elle-même un certain nombre d’éléments qui ont des liens, de parenté ou autres, avec des chefs d’entreprise capitalistes ; il y a plusieurs années, l’Assemblée nationale populaire, qui ne fait qu’entériner les décisions d’en haut, a voté une loi qui renforçait les droits de propriété des personnes et sociétés. Mais la base matérielle sur laquelle repose la bureaucratie n’en continue pas moins d’être la propriété collectivisée, dont elle tire son pouvoir et ses privilèges.
La classe ouvrière chinoise doit balayer la bureaucratie stalinienne parasitaire qui, à l’intérieur, a gravement affaibli le système de propriété nationalisée tout en conciliant l’impérialisme au niveau international. Il faut une révolution politique prolétarienne pour défendre et étendre les acquis de l’Etat ouvrier et mettre le pouvoir directement entre les mains de conseils ouvriers et paysans élus. Cela pourrait donner une impulsion à la révolution socialiste prolétarienne dans toute l’Asie capitaliste, y compris dans le bastion industriel qu’est le Japon, et dans le reste du monde. L’émergence d’une Chine dirigée par des conseils ouvriers et paysans inciterait aussi les travailleurs de Taïwan à renverser leur bourgeoisie, ce qui conduirait à la réunification révolutionnaire de la Chine.
La poudrière chinoise
Confronté à un mécontentement grandissant à la base de la société, le régime du PCC de Hu Jintao a freiné certaines mesures de « libre marché » au nom de la construction d’une « société harmonieuse ». Les bureaucrates du PCC multiplient les discours « pro-ouvriers », et les autorités de nombreuses provinces et grandes villes se sont senties obligées d’augmenter substantiellement le salaire minimum. Le régime bureaucratique du PCC ne défend les acquis incarnés dans l’Etat ouvrier déformé chinois que dans la mesure où il craint la classe ouvrière.
De façon inhabituelle, les dirigeants du PCC ont au début autorisé une abondante couverture médiatique des grèves, en particulier dans les usines appartenant à des sociétés japonaises. Ceci s’est accompagné d’une franchise tout aussi inhabituelle sur les inégalités sociales croissantes en Chine. Le China Daily (13 mai), citant un dirigeant de la Fédération panchinoise des syndicats (ACFTU), rapportait que la part du produit intérieur brut allant aux salaires des travailleurs était passée de 57 % en 1983 à 37 % en 2005. Un éditorial de Global Times (2 juin), journal dérivé du China Daily, écrivait :
« Il faut reconnaître qu’après trois décennies d’ouverture les travailleurs ordinaires font partie de ceux qui ont reçu la plus petite part de la prospérité économique […]. L’arrêt temporaire de la production dans les quatre usines Honda, à un moment de demande accrue du marché pour les automobiles de marques japonaises, souligne le besoin de protection organisée des travailleurs dans les usines chinoises. »
S’inquiétant sans doute de l’extension des grèves, la bureaucratie a depuis sévèrement restreint la couverture médiatique.
La plupart des dirigeants des grèves se trouvent être de jeunes travailleurs migrants, y compris notamment des ouvrières. Ils ont fait preuve d’une combativité et de talents d’organisation impressionnants, y compris en utilisant Internet et les SMS pour rassembler les travailleurs et suivre ce qui se passait à d’autres endroits. Détail révélateur, les ouvriers de Foshan et d’une autre usine Honda à Zhongshan ont décidé d’élire leurs propres délégués et comités de négociation indépendamment de l’ACFTU, la fédération syndicale officielle associée au PCC au pouvoir. Dans de nombreux cas, les bureaucrates de l’ACFTU ont collaboré ouvertement avec le patronat pour tenter d’obliger les ouvriers à reprendre le travail. Le 31 mai, des nervis envoyés par la bureaucratie syndicale ont physiquement attaqué les grévistes de Honda Foshan, faisant plusieurs blessés. Le lendemain, ces mêmes bureaucrates de l’ACFTU ont publié des excuses publiques, essayant en même temps de minimiser leur rôle dans cette agression.
Parmi les revendications avancées par les grévistes de Foshan figurait « une réorganisation du syndicat local ; des réélections doivent être organisées pour désigner le secrétaire général et les autres représentants ». Les grévistes de Zhongshan ont manifesté le 11 juin en exigeant de façon similaire le droit de choisir leurs propres délégués syndicaux. Même si les staliniens au gouvernement ont supprimé de la Constitution chinoise le droit de grève en 1982, plusieurs réformes du droit du travail en 2008 ont fait qu’il est plus facile aux travailleurs de s’organiser pour défendre leurs intérêts. Beaucoup de grévistes ont franchement dit aux journalistes qu’ils pensaient avoir le droit de se mettre en grève, en faisant référence aux réformes juridiques.
Une lettre ouverte publiée au nom du comité de négociation des grévistes de Foshan par Li Xiaojuan, une jeune ouvrière, déclarait :
« Nous devons maintenir un niveau d’unité élevé et ne pas nous laisser diviser par les représentants du capital […]. Les profits de l’usine sont le produit de notre dur labeur […]. Cette lutte ne concerne pas seulement les intérêts de nos 1 800 ouvriers. Nous nous préoccupons aussi des droits et des intérêts de tous les travailleurs chinois. »
– cité par le Financial Times (Londres), 10 juin
Il faut aux travailleurs chinois une direction lutte de classe afin de faire avancer la lutte pour arracher autant de concessions que possible des entreprises capitalistes qui les exploitent, pour combattre les ravages de l’inflation et améliorer leurs conditions de travail et de vie. Les travailleurs de l’industrie d’Etat ont aussi besoin d’une direction du même type pour protéger et améliorer leur niveau de vie et pour combattre les abus bureaucratiques. Dans le cadre de la lutte pour remplacer le régime parasitaire du PCC par des conseils ouvriers et paysans, il faut construire des syndicats libérés du contrôle bureaucratique. Même dans un Etat ouvrier avec une authentique démocratie ouvrière, des syndicats sont nécessaires pour se protéger contre de possibles empiétements et abus, et pour contribuer à la planification de la production et des méthodes de travail. Sur la question des syndicats dans le jeune Etat ouvrier soviétique, Lénine insistait que les communistes devaient lutter pour la direction des syndicats, sur la base de leur programme et de leur expérience au service de l’Etat ouvrier. Ils devaient être choisis par les ouvriers et non nommés par l’Etat.
La lutte pour des syndicats libérés du contrôle bureaucratique doit avoir pour point de départ la défense des acquis sociaux de la Révolution de 1949, contre l’impérialisme et la restauration capitaliste. C’est particulièrement important vu les manœuvres de forces procapitalistes comme le China Labour Bulletin (CLB), basé à Hongkong, qui réclame une « démocratie » à l’occidentale, autrement dit le pouvoir des exploiteurs capitalistes avec une façade parlementaire. Autrefois partisan de « syndicats indépendants », le CLB appelle maintenant à travailler à l’intérieur de l’ACFTU pour l’arracher au contrôle du PCC. Le CLB a beau chercher à se faire passer pour une organisation ouvrière, il s’agit d’un groupe contre-révolutionnaire qui a des liens directs avec l’impérialisme US. Son dirigeant, Han Dongfang, est également vice-président du World Movement for Democracy [Mouvement mondial pour la démocratie], une officine fondée et contrôlée par le National Endowment for Democracy [Fondation nationale pour la démocratie], une succursale notoire de la CIA.
Dans leur couverture de la grève, les médias bourgeois occidentaux évoquent le spectre de Solidarność, le « syndicat » anticommuniste polonais qui fut le fer de lance de la contre-révolution capitaliste en Europe de l’Est et en Union soviétique dans les années 1980. La ligne des médias, explicitement ou implicitement, c’est que les ouvriers chinois doivent faire grève contre le régime du Parti communiste et se prononcer pour le « libre marché ». De son côté, le régime du PCC évoque également le spectre de Solidarność, en prétendant (ce qui est faux) que toute opposition organisée à son pouvoir ne peut qu’être procapitaliste et contre-révolutionnaire. Dans un article publié dans le Wall Street Journal du 14 juin, Willy Lam, enseignant à l’Université chinoise de Hongkong, écrivait : « Dans les discussions à huis clos sur la situation dans le monde du travail, Mr Hu et d’autres membres du Politburo ont mentionné les mises en garde de feu le patriarche Deng Xiaoping sur la façon dont le mouvement polonais Solidarité a sapé les partis communistes dans tout l’ex-bloc de l’Est. »
Contrairement à la plupart de ceux qui, dans le monde entier, se réclamaient du socialisme, la Ligue communiste internationale (quatrième-internationaliste) s’est à l’époque opposée à Solidarność et a combattu jusqu’au bout la contre-révolution en Europe de l’Est et en Union soviétique. Mais ce qui se passe en Chine aujourd’hui n’est pas un phénomène de type Solidarność. L’émergence de Solidarność comme mouvement contre-révolutionnaire avait été déterminée par des facteurs qui n’ont pas de pendant en Chine, notamment l’enracinement profond de l’Eglise catholique en Pologne et le rôle du nationalisme polonais, qui était dirigé contre l’Union soviétique. De plus, les grèves actuelles en Chine protestent contre l’exploitation brutale dans de grandes entreprises capitalistes privées, ce qui n’existait pas en Pologne vers 1980. Il faut combattre vigoureusement toute illusion dans la « démocratie » capitaliste parmi les ouvriers chinois. Mais il n’y a aucune raison de penser que ce qui se développe aujourd’hui en Chine est un mouvement de masse procapitaliste.
Pour un gouvernement des conseils ouvriers et paysans !
Les grèves menées par des ouvriers migrants, qui sont dans l’intérêt de tous les travailleurs chinois, soulignent le besoin qu’il y a d’abolir le hukou, un système discriminatoire d’enregistrement des ménages mis en place par le régime du PCC. Ce système impose de sévères restrictions au droit d’habiter en ville, à l’éducation et aux soins médicaux pour les migrants originaires des campagnes et leurs enfants, ce qui rend leur existence en ville transitoire et précaire. Les emplois dans les entreprises d’Etat et les avantages sociaux qui les accompagnent restent largement réservés aux travailleurs qui ont un hukou urbain.
Le statut précaire des travailleurs migrants est une aubaine pour les exploiteurs capitalistes du secteur possédé par les étrangers ; ils y ont trouvé un réservoir idéal de main-d’œuvre qui peut être exploitée pour de très bas salaires. Beaucoup de jeunes ouvriers qui travaillent maintenant dans les usines ont grandi dans les villes avec leurs parents migrants, et pourtant ils ne sont pas non plus considérés comme résidents des villes à cause des restrictions scandaleuses du hukou bureaucratique. Les travailleurs migrants doivent avoir les mêmes droits et le même accès aux prestations sociales que les résidents urbains légalement reconnus !
Un gouvernement de conseils ouvriers et paysans élus représenterait tous les secteurs du prolétariat et des travailleurs ruraux. Les questions cruciales auxquelles l’Etat ouvrier est confronté ne pourront être résolues avec succès que quand ceux qui travaillent décideront. Dans la Révolution trahie (1936), une critique impitoyable de la bureaucratie stalinienne soviétique, Léon Trotsky expliquait : « Il ne s’agit pas de remplacer une coterie dirigeante par une autre, mais de changer les méthodes mêmes de la direction économique et culturelle. L’arbitraire bureaucratique devra céder la place à la démocratie soviétique. »
La politique pro-marché de la bureaucratie du PCC a renforcé les forces de la contre-révolution à l’intérieur de la Chine. En même temps, la puissance sociale de la classe ouvrière industrielle a considérablement augmenté du fait du développement économique. L’intégration d’au moins 150 millions de travailleurs migrants des campagnes dans l’économie urbaine chinoise est un facteur d’une importance potentielle énorme. Il faut un parti léniniste-trotskyste pour montrer la voie prolétarienne et internationaliste. Comme nous l’écrivions dans « Les ouvrières et les contradictions de la Chine contemporaine » (Spartacist édition française n° 39, été 2009) :
« Tôt ou tard, sans doute lorsque des éléments bourgeois à l’intérieur de la bureaucratie et dans sa périphérie décideront de se débarrasser du pouvoir politique du PCC, les tensions sociales grandissantes en Chine feront voler en éclats les structures politiques de la caste bureaucratique. Le jour où cela se produira, le destin de la Chine se jouera. Soit les ouvriers balayeront du pouvoir l’élite parasitaire par une révolution politique prolétarienne, en défendant et cherchant à étendre les acquis de la Révolution de 1949 pour faire de la Chine un bastion de la lutte pour le socialisme mondial, soit la contre-révolution capitaliste triomphera, ramenant avec elle les ravages de la domination impérialiste et de l’exploitation. »
Un gouvernement ouvrier et paysan révolutionnaire mettra un terme à l’arbitraire et à la corruption bureaucratiques. Il expropriera la nouvelle classe d’entrepreneurs capitalistes à l’intérieur du pays et renégociera les conditions des investissements étrangers conformément aux intérêts des travailleurs. Il créera une économie centralisée et planifiée dans les conditions de la démocratie ouvrière – et non du dirigisme bureaucratique et autarcique des années Mao. Luttant pour assurer au moins un niveau économique de base pour toute la population, une direction véritablement communiste sera consciente du fait que pour assurer à tous la prospérité matérielle, il faudra lutter pour la révolution socialiste dans les centres du monde capitaliste. La bureaucratie nationaliste du PCC s’oppose avec véhémence à cette perspective ; sa politique dérive du dogme stalinien de « construire le socialisme dans un seul pays ». Le fait que les ouvriers chinois des zones capitalistes soient exploités par des entreprises dont certaines exploitent aussi des travailleurs au Japon, aux Etats-Unis et ailleurs crée la possibilité d’une solidarité internationale, et démontre l’intérêt commun des travailleurs à lutter pour un monde socialiste.
La préservation et le développement des acquis révolutionnaires de la Chine et la modernisation générale de la société dans l’intérêt des masses travailleuses nécessitent une économie socialiste planifiée à l’échelle internationale, ce qui ouvrira la voie à un avenir communiste. C’est l’objectif de la Ligue communiste internationale, qui se bat pour reforger la Quatrième Internationale de Trotsky, parti mondial de la révolution prolétarienne.
— Traduit de Workers Vanguard n° 961, 2 juillet
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/193/chine.html
submitted by ShaunaDorothy to FranceLeBolchevik [link] [comments]

Manifestations en Inde après un viol meurtrier (Mars 2013)

https://archive.is/dlZFs
Le Bolchévik nº 203 Mars 2013
Manifestations en Inde après un viol meurtrier
Pour la libération des femmes par la révolution socialiste !
Une énorme vague de protestations contre l’oppression des femmes a déferlé en Inde en réaction à l’horrible viol collectif et la mutilation, le 16 décembre dernier à Delhi, d’une élève kinésithérapeute de 23 ans qui a succombé quelques jours plus tard à ses blessures. Des manifestations ont éclaté dans de nombreuses grandes villes, dont Kolkata (Calcutta), Mumbai, Bangalore et Panaji. Fait significatif, des manifestations ont aussi eu lieu au Pakistan, au Bangladesh, au Népal et au Sri Lanka, où la condition des femmes est similaire à celle qui prévaut en Inde.
Delhi, qui se targue de faire partie de la « nouvelle » Inde, où centres commerciaux et night-clubs voisinent avec d’immenses bidonvilles, était à l’épicentre des manifestations. La capitale connaît en fait le taux de viols enregistrés le plus important parmi toutes les grandes villes indiennes. Etudiants et jeunes ont manifesté plusieurs jours durant, défiant courageusement la police qui les attaquait à coups de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de lathi (matraques en bambou).
Les femmes étaient d’autant plus en colère que les propos grossièrement misogynes se sont multipliés pour imputer la responsabilité de ce crime à la victime. M.L. Sharma, l’avocat de l’un des cinq accusés, déclarait ainsi que les femmes « respectables » ne se font pas violer, tandis que le fils du président indien, Abhijeet Mukherjee, qualifiait les manifestantes de « peinturlurées » et « défraîchies » – autrement dit « occidentalisées » et plus très jeunes. Un dirigeant de l’organisation fascisante hindoue Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) déclarait de son côté que les crimes sexuels « sont rares au Bharat mais arrivent fréquemment en Inde » (Wall Street Journal, 8 janvier). Le RSS a des liens avec le Bharatiya Janata Party (BJP), un parti qui prône la suprématie hindouiste et défend ouvertement l’Hindutva (« l’authenticité hindoue »), un mélange empoisonné de nationalisme et d’obscurantisme religieux dans le but de provoquer des pogroms visant notamment les musulmans.
Le terme « Bharat », le nom de l’Inde en langue hindi, fait référence à un passé imaginaire de ruralité idyllique – par opposition à l’Inde urbaine, soi-disant corrompue par l’influence décadente de l’Occident, notamment sur les femmes. En réalité la vie pour la plus grande partie de la population des villages indiens est faite de misère extrême et d’oppression brutale dans le cadre du système des castes. Dans les campagnes, le viol des femmes dalit (« intouchables ») est considéré comme faisant partie des privilèges de caste des hommes appartenant aux castes « supérieures » ; ceux-ci violent les femmes pour soumettre et humilier leurs victimes et la caste tout entière de celle-ci. D’après une étude sur la violence contre les femmes dalit publiée en mars 2006 par l’association « Campagne nationale pour les droits de l’homme des dalit », sur 500 femmes interrogées, 116 avaient été victimes d’un viol individuel ou collectif ; parmi les agresseurs, « les propriétaires fonciers appartenant aux castes dominantes constituaient le groupe le plus important ».
La police prête souvent main-forte aux milices qui font des descentes dans des villages dalit entiers, brûlent les maisons et violent les femmes. Un événement de ce type survenu en novembre 2012 dans l’Etat du Tamil Nadu donne une petite idée de l’ampleur de ces déchaînements de violence : 148 maisons de dalit ont été incendiées par une horde de 2 500 hommes, parce qu’une femme non dalit avait épousé secrètement un dalit. Les policiers violent et assassinent aussi en toute impunité dans le cadre de l’offensive menée par l’armée dans des régions comme le Chhattisgarh, dans l’est de l’Inde, une offensive qui vise une insurrection maoïste basée sur la population adivasi (tribale). Au Cachemire, l’armée d’occupation indienne a recours à une violence meurtrière, y compris le viol, pour réprimer la population musulmane ; les coupables sont assurés de l’impunité par la « Loi sur les pouvoirs spéciaux des forces armées ». En 1991, à Kunan Poshpora, des unités de l’armée indienne ont violé collectivement en une seule nuit plus d’une centaine de femmes du Cachemire âgées de 13 à 80 ans.
A beaucoup d’égards, la victime du viol de Delhi symbolise toute une couche de jeunes femmes qui vivent en ville, ont bénéficié d’une bonne éducation et ont trouvé du travail à la faveur de la croissance économique qu’a connue l’Inde ces dernières années. Son père, originaire de la région rurale de l’Uttar Pradesh, un des Etats les plus pauvres de l’Inde, avait émigré à Delhi il y a trente ans. Sa fille venait de réussir l’examen pour devenir kinésithérapeute ; comme tant d’autres jeunes femmes, elle travaillait dans un centre d’appels et aimait les vêtements occidentaux. Elle avait brisé un tabou en allant au cinéma, le soir de l’agression, accompagnée d’un homme appartenant à une caste de brahmanes, alors que sa propre famille était issue d’une caste d’agriculteurs.
L’augmentation des violences contre les femmes dans les villes indiennes fait partie intégrante d’un retour de bâton réactionnaire contre cette couche de jeunes femmes qui bénéficient de certaines possibilités d’ascension sociale et dont la condition est relativement privilégiée par rapport à celle des masses pauvres. Dans l’Inde « nouvelle », les femmes qui portent des talons hauts et des jupes courtes, ou qui pensent qu’elles ont le droit de choisir elles-mêmes leurs amis ou même de se marier hors de leur propre caste, sont vues comme une menace contre la morale traditionnelle, l’institution de la famille, la domination de la religion hindouiste et le système des castes qui domine la vie dans les campagnes.
La question de la libération des femmes est explosive en Inde, comme en fait dans tout le sous-continent indien. La lutte pour satisfaire les besoins les plus élémentaires des femmes – l’alphabétisation, l’éducation, la contraception, la fin du mariage forcé et la possibilité d’échapper à la misère et à la terrible oppression du système des castes – exige d’éradiquer la société capitaliste jusque dans ses fondations. L’essor de l’économie indienne a créé des richesses fabuleuses pour quelques-uns et plongé dans une misère encore plus grande l’immense majorité de la population. Dans les campagnes, des millions de paysans sont chassés de leur terre et s’entassent dans les bidonvilles tentaculaires des grandes villes, dans un dénuement indicible. La réalité sociale de l’Inde montre bien que la libération des femmes nécessite rien moins qu’une révolution socialiste.
Les flics : des ennemis mortels des femmes et de tous les opprimés !
Les manifestations contre le viol représentaient un cri de colère contre le traitement infligé aux femmes en Inde. En même temps, un grand nombre des revendications avancées ont un caractère « sécuritaire » réactionnaire, auquel la gauche réformiste a fait écho. Par exemple, le Parti communiste indien (marxiste), PCI(M), appelle à renforcer les pouvoirs de l’Etat capitaliste, à savoir des flics et des tribunaux. Il a d’abord publié un message de condoléances pour un policier qui avait trouvé la mort en participant à la féroce répression policière contre les manifestations à Delhi. C’est monstrueux (le message a depuis été retiré de son site internet www.cpim.org). Le PCI(M) a ensuite demandé le 4 janvier à la commission Verma, nommée par le gouvernement, d’introduire « une peine ferme de prison à vie, jusqu’à la mort » pour les violeurs et de « recruter beaucoup plus de femmes dans la police ».
Ce n’est pas la première fois que ce parti, qui pendant des dizaines d’années a administré l’Etat capitaliste au Bengale occidental, prend ainsi fait et cause pour les flics. Le gouvernement dirigé par le PCI(M) avait réprimé dans le sang en 2006 les paysans pauvres de Singur et Nandigram pour le compte de Tata Motors, un des plus grands groupes capitalistes indiens (voir « La banqueroute politique du stalinisme indien », Workers Vanguard n° 993, 6 janvier 2012).
Nous sommes contre toute extension des pouvoirs répressifs de l’Etat capitaliste qui pourrait être introduite sous prétexte de protéger les femmes. Qu’on ne s’y trompe pas : les mesures bourgeoises utilisées afin de faciliter les condamnations pour viol seront utilisées en priorité pour condamner des dalit, des musulmans et des pauvres en général – qui sont souvent punis pour des viols et autres crimes perpétrés par des membres des castes dominantes et de la police.
La perspective qu’offrent les féministes et la gauche réformiste consiste à se tourner vers l’Etat capitaliste pour qu’il garantisse la protection des femmes ; elle s’exprime invariablement dans des revendications pour la présence dans les rues de flics en plus grand nombre ou mieux formés. Le groupe pseudo-trotskyste Nouvelle Vague (basé à Pune), affilié à la Ligue internationale des travailleurs moréniste, a publié le 19 janvier une déclaration où il proposait « que les femmes soient davantage représentées dans la police » (www.litci.org). On trouve le même genre de chose sous la plume du groupe « Socialiste radical » affilié à l’ex-Secrétariat unifié : il préconise « des programmes approfondis de sensibilisation au genre et à la sexualité pour la police et la magistrature » (www.radicalsocialist.in, 20 janvier). En particulier en Inde, il est grotesque de semer des illusions que la police va protéger les femmes contre les violeurs, et cela peut être mortellement dangereux : les femmes risquent autant de se faire violer par des flics que par quelqu’un d’autre. Il est de notoriété publique que les commissariats de police sont des endroits dangereux pour une femme seule.
Si toute tentative pour lutter contre l’oppression des femmes en Inde est aussi explosive, cela montre combien ce sont des sornettes libérales de croire qu’on puisse évoluer petit à petit vers l’égalité pour les femmes en faisant confiance à l’Etat et à ses lois. L’égalité des droits est d’ailleurs déjà inscrite dans la Constitution indienne – sans que cela porte outre mesure à conséquence. Seule la révolution prolétarienne pourra répondre aux problèmes brûlants auxquels les femmes sont confrontées.
Le taux d’alphabétisation moyen des femmes indiennes est de 48 %, un niveau scandaleusement bas (contre 73 % pour les hommes). D’après une étude de l’UNICEF, 90 % des mariages sont des mariages arrangés (ceci vaut pour toutes les grandes religions et toutes les castes). Le taux de divorce est de 1,1 %, contre près de 50 % pour les Etats-Unis. Particulièrement pesante pour les femmes est la pratique ancienne et répandue de la dot – une quantité d’argent, de biens ou de terres que la famille de la mariée est obligée de verser. Le système de la dot fait que les filles sont un fardeau financier pour leur famille, ce qui incite à la pratique des avortements sélectifs (pour ceux qui peuvent se payer et le test et l’avortement). Comme la plupart des femmes n’ont pas accès à l’avortement, l’infanticide des filles est une pratique courante. La « mort pour dot », c’est-à-dire l’assassinat d’une épouse par son mari ou sa belle-mère, est un phénomène en augmentation. Le chiffre officiel était en 2008 de 8 172 « morts pour dot », mais d’après l’Association internationale contre la dot et l’immolation par le feu des femmes mariées, le chiffre réel pourrait être trois fois supérieur. Bien sûr, la pratique de la dot est interdite par la loi depuis 1961 – autant pour l’illusion libérale que la législation permettrait d’en finir avec le viol et les violences contre les femmes.
Une autre pratique largement répandue dans le sous-continent indien est le crime « d’honneur » : des femmes sont assassinées par des membres de leur propre famille parce qu’elles ont transgressé les limites des comportements sexuels considérés comme acceptables, notamment les relations sexuelles hors mariage ou les relations affectives intercastes. Parfois, ce sont les victimes de viol qui sont assassinées. Il arrive fréquemment qu’en Inde les victimes de viol soient contraintes d’épouser leur violeur pour préserver « l’honneur ». Pratique courante parmi les hindouistes, les sikhs et les musulmans, le crime d’honneur est la forme la plus brutale du contrôle exercé par les familles sur la sexualité des femmes.
Selon cette conception de l’honneur, la femme n’est rien d’autre qu’un bien meuble, propriété de son père ou de son mari qui peut en disposer à sa guise. Comme le faisait remarquer Friedrich Engels dans son ouvrage majeur l’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat (1884) : « Pour assurer la fidélité de la femme, donc la paternité des enfants, la femme est livrée au pouvoir discrétionnaire de l’homme : s’il la tue, il ne fait qu’exercer son droit. » La famille est le pilier central de l’oppression des femmes ; avec la religion, elle est aussi un des fondements de l’ordre capitaliste.
L’émancipation des femmes est une question stratégique pour la libération de tous les opprimés en Inde et dans le sous-continent indien tout entier ; cela nécessite le programme de la révolution permanente. La classe ouvrière, à la tête de la paysannerie et de toutes les masses opprimées, doit s’emparer du pouvoir d’Etat au moyen d’une révolution socialiste, réorganiser la société sur la base de la propriété collectivisée et étendre la révolution au niveau international, notamment aux centres impérialistes. Le modèle historique pour tout ceci est la Révolution d’octobre 1917 en Russie, qui fut dirigée par le Parti bolchévique de Lénine et Trotsky. Dans cette perspective, la lutte pour la libération des femmes est d’une importance stratégique.
Asservissement impérialiste, patriarcat et castes
L’Inde possède un prolétariat significatif – dans les usines automobiles, les mines, la sidérurgie, les chemins de fer, le textile, l’industrie des machines-outils. Les capitalistes indiens et les puissances impérialistes auxquelles ils sont inféodés sont parfaitement conscients du pouvoir potentiel de la classe ouvrière. Les ouvriers de l’usine Maruti Suzuki (le plus grand groupe automobile indien) de Gurgaon, près de Delhi, ont mené en 2012 une série de grèves très dures ; ils se sont heurtés à une violente répression.
Le travail du prolétariat produit les richesses qui engraissent la classe dirigeante indienne et les banquiers internationaux. Mais ce pouvoir potentiel est entravé par les directions existantes de la classe ouvrière. La classe ouvrière, déjà clivée par caste, par religion et par ethnie, est divisée encore un peu plus entre des syndicats concurrents affiliés à des partis politiques. Il est essentiel de forger une direction marxiste révolutionnaire qui luttera pour l’unité et l’indépendance de classe du prolétariat. Le prolétariat qui a une conscience de classe doit faire sienne la lutte pour l’émancipation des femmes et se mettre à la tête de tous les opprimés ; il doit gagner à sa cause les masses des campagnes en prenant fait et cause pour une révolution agraire qui renversera les propriétaires fonciers et les capitalistes.
L’Inde est un exemple classique de « développement inégal et combiné ». Plus de 60 ans après l’indépendance, et malgré son « miracle » économique, elle reste un pays majoritairement rural – pas moins de 72 % de ses 1,2 milliard d’habitants vivent dans des villages où les conditions d’existence sont misérables. L’oppression de caste est maintenue par le système des panchayat, les conseils de village qui décrètent ce qui est acceptable dans tous les domaines des rapports sociaux. Ces conseils disposent de l’autorité nécessaire pour punir les mariages intercastes tout comme les violations du code vestimentaire imposé aux femmes. La libération des femmes et la destruction du système des castes sont liées de manière inextricable.
La persistance de l’arriération rurale est l’héritage de la domination coloniale britannique qui a exploité, retardé et démembré le pays. Si la transition à partir d’une société pré-capitaliste n’a pas abouti en Inde à la dissolution des rapports patriarcaux et de caste, c’est parce que la domination coloniale les a préservés, manipulés et renforcés. La Compagnie des Indes orientales britannique s’était emparée du territoire des Indes en exploitant les conflits entre potentats locaux et en attisant les antagonismes ethniques, religieux, tribaux et de caste. Le pillage colonial enrichit la classe dirigeante en Grande-Bretagne et provoqua l’effondrement complet de branches entières de l’économie indienne, et notamment de son agriculture irriguée. La paysannerie fut accablée par les impôts qu’elle devait payer aux propriétaires fonciers locaux et à l’Etat colonial. Pour collecter les impôts, les propriétaires fonciers et leurs agents avaient recours à la spoliation, à la violence et la cruauté contre les pauvres des campagnes.
Une fois terminée la conquête de l’Inde, les autorités britanniques créèrent une armée indigène, recrutée majoritairement parmi les hautes castes. Cette situation perdura jusqu’à la révolte des cipayes de 1857, qui fut le détonateur de ce que Marx appela « la première guerre d’indépendance indienne ». La composition de l’armée fut par la suite modifiée. Mais la politique de « diviser pour régner » resta le principe directeur, dont Marx écrivait au moment de la révolte de 1857 qu’elle « fut la grande règle par laquelle la Grande-Bretagne réussit, pour environ cent cinquante ans, à rester maîtresse de son empire indien ».
Depuis l’indépendance de 1947, l’Inde capitaliste est restée dépendante du capital financier international, et elle le restera en dépit des mythes sur sa transformation en superpuissance. De son côté, la bourgeoisie indigène a utilisé le système des castes pour perpétuer la domination hindouiste. Le Parti du Congrès manipule au service du chauvinisme hindou les divisions de caste et le communautarisme depuis l’époque de Mohandas (le « mahatma ») Gandhi et de Jawaharlal Nehru, une période que les libéraux bourgeois présentent aujourd’hui comme une occasion rêvée d’instaurer une « démocratie laïque ». Le Congrès représentait les intérêts des commerçants et des élites des villes et, par-dessus tout, des fermiers riches. Le chauvinisme hindou et hindi a toujours été une composante importante du nationalisme indien du Congrès.
Gandhi, l’idole des libéraux, était profondément imprégné de préjugés de caste et d’arriération anti-femmes. Dans le contexte de l’effroyable bain de sang qui accompagna la partition de l’Inde, Gandhi conseillait aux jeunes femmes menacées de viol de se mordre la langue et de retenir leur respiration jusqu’à ce que mort s’ensuive. Nous écrivions dans notre article « Les staliniens ont trahi la révolution indienne en faisant alliance avec Churchill » (Workers Vanguard n° 970, 3 décembre 2010) : « Gandhi avait pour tâche d’obtenir des Britanniques le maximum de concessions possibles, dans l’intérêt commun qui était de sauver le capitalisme, tout en écartant la menace que représentait la montée des luttes, de plus en plus combatives, des ouvriers et des paysans. Ce que le magnat du textile Ambalal Sarabhai résumait en disant que Gandhi “était la meilleure garantie que possédait l’Inde contre le communisme ”. »
De peur que les « intouchables » puissent s’unir avec les musulmans et constituer un contrepoids parlementaire, le Congrès fit appel au dirigeant dalit B.R. Ambedkar pour présider la commission de rédaction de la Constitution, qui interdit l’« intouchabilité » mais laissa intact le système des castes. Des sièges furent réservés au parlement pour les « intouchables » et les « populations tribales » (les dalit et les adivasi aujourd’hui). En guise de réforme minimale, un pourcentage d’emplois publics fut réservé plus tard aux dalit et aux membres des castes inférieures. Ambedkar finit par regretter d’avoir participé à la rédaction de la Constitution ; il déclara que dans l’Inde indépendante « la même tyrannie, la même oppression, la même discrimination qui existaient autrefois existent encore, et peut-être en pire ».
L’ignoble chauvinisme hindou du Congrès a provoqué des pogroms contre les sikhs en 1984. Il a aussi pavé la voie à l’arrivée au gouvernement du BJP, qui surfait sur une vague de pogroms anti-musulmans dont le point culminant fut la destruction de la mosquée Babri à Ayodhya en 1992. Les émeutes menées par les chauvins hindous à Ayodhya furent déclenchées en partie par la proposition de la Commission Mandal, nommée par le gouvernement, de réserver des emplois aux membres de certaines castes inférieures.
Contrairement aux illusions libérales, une société laïque « démocratique » n’était historiquement pas à l’ordre du jour pour l’Inde indépendante sous le régime capitaliste. Seule la révolution socialiste prolétarienne, s’étendant au reste du sous-continent indien et aux centres impérialistes, pourra s’atteler à la tâche titanesque d’en finir avec la pénurie. C’est seulement de cette manière qu’on pourra jeter les bases matérielles pour éradiquer l’oppression des femmes et l’oppression de caste, ainsi que pour libérer toutes les masses pauvres. Un formidable développement des forces productives arrachera des millions de femmes et d’hommes à l’arriération rurale pour les intégrer à une société industrialisée. Nous cherchons à construire un parti léniniste-trotskyste en Inde, faisant partie intégrante d’une Quatrième Internationale reforgée ; il sera déterminé à lutter pour une fédération socialiste du sous-continent indien.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/203/inde.html
submitted by ShaunaDorothy to FranceLeBolchevik [link] [comments]

Les travaillistes ont préparé le terrain aux privatisations des tories - Grande-Bretagne: Il faut mobiliser les syndicats pour défendre la Sécu (Septembre 2013)

https://archive.is/DIe7p
Le Bolchévik nº 205 September 2013
25 mars – La loi sur la Sécurité sociale, qui a pris effet le 1er avril, promet d’être le plus important bouleversement du Service national de santé (NHS) en Angleterre depuis sa création. Pour la première fois depuis 1948, le gouvernement ne sera plus tenu par la loi de fournir des soins médicaux universels. Au lieu de l’« engagement à fournir » ce service social fondamental, le gouvernement s’engage maintenant à le « promouvoir » ; si ce changement dans les termes semble inoffensif, il masque un tournant fondamental vers le secteur privé. Le docteur Jacky Davis, coprésident de l’Association des consultants du NHS, a déclaré après que la loi avait été votée au parlement : « Nous n’avons plus de système national de santé. »
L’une des mesures les plus controversées de la nouvelle législation porte sur les Groupes de prise en charge clinique (CCG), qui contrôleront la part du lion dans le budget du NHS (environ 65 milliards de livres sterling sur 100 milliards pour l’année fiscale en cours). Les CCG décideront, soi-disant sur instruction du médecin traitant, de l’attribution des soins aux patients, y compris en les redirigeant vers des organismes privés et en refusant des soins qui ne correspondraient pas à une « nécessité raisonnable ». Une étude récente du British Medical Journal montre qu’un tiers des médecins traitants responsables de ces groupes de décision gèrent des sociétés médicales privées ou en détiennent des actions. Mais en réalité la plupart des médecins traitants n’ont ni le temps ni les connaissances pour « prescrire » des soins ; cette tâche reviendra donc à des consultants privés comme ceux de la société d’experts-consultants géante McKinsey. Sous prétexte de donner plus de responsabilité aux médecins traitants, les CCG ouvrent en fait la porte au basculement de milliards de livres du NHS vers des entreprises privées.
Le gouvernement prétend que les services du NHS resteront gratuits pour les usagers. Mais, comme le fait remarquer l’économiste politique Colin Leys, « c’est totalement trompeur. Ils oublient d’ajouter une condition essentielle : il faut que le service soit encore disponible au NHS. En réalité certains services, dont la liste s’allonge, ne seront plus disponibles, et donc ne seront plus gratuits » (Red Pepper, avril 2012). En fait ce processus a déjà commencé. La Caisse primaire d’assurance maladie de Croydon [au Sud de Londres] a dressé en 2006 dans un but d’économies une liste de 34 procédures qu’elle n’est plus tenue d’offrir aux patients ; cette liste comprenait les opérations de la cataracte, de la hanche ou du genou. La « liste de Croydon » se répand depuis petit à petit. On dit aux personnes dont la vie n’est pas menacée, mais qui souffrent d’affections douloureuses ou handicapantes, qu’elles doivent prendre en charge leur traitement si elles le peuvent ; sinon, tant pis pour elles. Certains médecins ont un nombre limité de patients qu’ils ont le droit d’envoyer à un spécialiste chaque semaine, quels que soient les besoins des patients. Des prescriptions pour consulter un spécialiste ont été interceptées et refusées par des « guichets de prescription ». La compagnie d’assurance santé américaine UnitedHealth, entre autres, est très connue pour contrôler soigneusement et parfois annuler les décisions des médecins traitants. Et comme de plus en plus de gens sont poussés vers le secteur privé pour se soigner, les revenus du NHS sont ponctionnés d’autant ; le NHS risque de devenir un dépotoir où l’on jette les pauvres et les malades chroniques.
Les travailleurs méritent mieux que cela !
Les fermetures d’hôpitaux se répandent dans tout le pays. Les urgences et maternités ferment ou sont réduites comme à l’hôpital de Lewisham dans le Sud de Londres. Malgré le fait qu’il était solvable, l’hôpital de Lewisham a été visé par un plan de restructuration lorsque la caisse voisine du NHS pour le Sud de Londres a été mise sous tutelle. Cette caisse traînait un remboursement de 60 millions de livres par an, une dette contractée en vertu des partenariats public-privé (PPP – Private Finance Initiatives ou PFI en anglais), qui font que des projets d’aménagement public sont financés par des emprunts privés. Le gouvernement cherche à réduire drastiquement le budget de la Santé de 20 milliards de livres d’ici 2015. Des coupes claires s’annoncent pour les hôpitaux, quand ce n’est pas la fermeture ou le déclassement. L’hôpital de Whittington dans le nord de Londres a annoncé un plan de réduction des dépenses comprenant 570 licenciements et la vente de plusieurs bâtiments à des entrepreneurs privés. Et des consultants d’une ancienne usine automobile du groupe Unipart ont déjà touché 500 000 livres pour trouver des économies.
L’écrivain scientifique Marcus Chown explique dans « Le grand hold-up du NHS » (opendemocracy.net, 31 janvier) : « Le gouvernement est en train de graduellement réduire le NHS à la disette financière. C’est un acte délibéré. Les hôpitaux sont à court d’argent – les remboursements de PPP en sont une cause majeure – et ils deviennent la proie de compagnies privées qui les rachètent. » Le rachat l’an dernier par la société privée Circle Holdings de l’hôpital Hinchingbrooke dans le Cambridgeshire, un hôpital du NHS menacé de fermeture, est considéré comme un prototype. Circle appartient à des sociétés et fonds d’investissement enregistrés aux îles Vierges, à Jersey et aux îles Caïman ; Circle a l’intention de faire 311 millions de livres d’économies et détruit des emplois. Parmi ceux qui cherchent à profiter de la privatisation des hôpitaux, on trouve Richard Branson, le magnat de Virgin, et Harmoni, qui possède déjà des cabinets médicaux dans beaucoup d’endroits.
La privatisation de la santé est si impopulaire que les porte-parole du gouvernement usent de termes comme « choix du patient » et autres expressions lénifiantes et abréviations à n’en plus finir pour tenter de masquer ce qu’ils sont en train de faire. De nombreux détails de la loi sur la Sécurité sociale sont encore en débat. Certaines réglementations destinées à mettre quasiment tous les services du NHS aux enchères ont provoqué un tollé et ont dû être amendées. Mais après chaque recul le gouvernement reprend l’offensive. Pour la bourgeoisie britannique le NHS représente des frais généraux malvenus – sans parler des profits faciles qu’offre la privatisation aux spéculateurs financiers de la City. Dans la mesure où la classe capitaliste s’intéresse à la santé de la population, cela se réduit à pouvoir disposer d’une main-d’œuvre en suffisamment bonne santé pour se faire exploiter et de soldats à envoyer dans les guerres et aventures impérialistes. En période de révolte sociale, les capitalistes peuvent bien sortir leur porte-monnaie pour apaiser la population, mais ils essayeront toujours de récupérer les concessions qu’ils ont faites.
Pour que les immenses richesses créées par le travail du prolétariat servent les besoins de l’humanité, il faut exproprier la bourgeoisie par des révolutions ouvrières et l’établissement d’un Etat ouvrier. Il faudra construire une économie collectivisée et planifiée, non seulement pour garantir les soins médicaux mais aussi tous les autres besoins fondamentaux de la vie, comme une alimentation équilibrée, un logement décent, des loisirs et le plein emploi. Pour y parvenir, il faut commencer par se battre pour défendre ce qu’on a déjà, aussi médiocre que ce soit – et le NHS est devenu un enjeu contesté. La solution n’est pas de faire pression sur le parlement ou de remettre les travaillistes au pouvoir aux prochaines élections. Les travailleurs de la santé, qui paient le plus lourd tribut aux réductions budgétaires, ont la puissance et l’intérêt pour jeter une vraie force sociale dans cette bataille. Leur lutte bénéficierait d’un énorme soutien et serait plus efficace qu’un million de pétitions. Mais elle est paralysée par les directions syndicales qui ont pour objectif politique de mettre le Parti travailliste au gouvernement. Ces dirigeants traîtres acceptent l’idée que les travailleurs doivent aider à payer la crise capitaliste, mais ils imaginent qu’ils pourraient négocier de meilleures conditions avec les travaillistes d’Ed Miliband.
La privatisation du NHS par les travaillistes
Andy Burnham, le ministre travailliste de la Santé dans le cabinet fantôme [dans l’opposition] a déclaré que le gouvernement essayait de « faire passer en force la privatisation du NHS par la petite porte » ; le ministre tory [conservateur] de la Santé l’a alors accusé de provoquer la peur. Mais si les travaillistes ont promis d’abroger la loi sur la Sécurité sociale, ouvrir le NHS à d’énormes intérêts privés était la politique du Parti travailliste bien avant l’arrivée du gouvernement conservateulibéral-démocrate. Comme l’écrivent Colin Leys et Stewart Player, « la réalité, c’est que les ministres de la Santé du Parti travailliste qui se sont succédé collaboraient étroitement avec le secteur privé et qu’ils avaient déjà presque entièrement édifié un marché de la santé. Le plan des tories ne fait qu’en accélérer l’étape finale et le rendre plus visible » (Red Pepper, octobre 2010). Leys conclut pourtant : « A moins qu’Ed Miliband et Andy Burnham ne reviennent au gouvernement et n’honorent leur promesse d’abroger la loi sur la Sécurité sociale, nous devons nous préparer à voir passer de plus en plus de services de santé, y compris les soins hospitaliers, aux mains d’entreprises pour le profit ; et cela ira inévitablement de pair avec une augmentation des coûts et une baisse de la qualité » (Guardian, 16 janvier). Quelles illusions persistantes envers les travaillistes ! Tout ce que montre Leys prouve que si les travaillistes gagnent les prochaines élections, ils poursuivront essentiellement la même politique de privatisation que les tories… sous un nom différent.
La politique consistant à délibérément créer un « marché interne » au NHS, élaborée dans les années 1980 sous Thatcher, a vu le jour sous le gouvernement Blair. Sous Blair et Brown, les caisses du NHS ont été graduellement transformées en « fondations » qui empruntent sur les marchés financiers, forment des entreprises communes avec des sociétés privées et établissent leurs propres règles d’embauche. Si une fondation perd de l’argent, elle est fermée ou reprise. La caisse de l’hôpital NHS du Mid Staffordshire a sabré 10 millions de livres dans son budget en 2006-2007 pour acquérir le statut de fondation. C’est comme une histoire d’horreur sur un hospice pour les pauvres de l’époque victorienne : entre 400 et 1 200 personnes sont décédées pour rien à l’hôpital de Stafford entre 2005 et mars 2009 ; beaucoup d’entre elles s’étaient vu refuser des médicaments contre la douleur ; certaines n’avaient pas été lavées pendant un mois. L’alimentation des malades était laissée aux bons soins des membres de la famille, mais beaucoup avaient faim. Les travaillistes au pouvoir ont rejeté les demandes persistantes des familles à ce qu’il y ait une enquête. Le gouvernement conservateur-libéral en a mené une, et il en tire maintenant parti avec cynisme pour populariser son projet pour le NHS.
Le Parti travailliste a supervisé la création de « Centres de traitement indépendants » (des institutions privées) pour pratiquer la chirurgie facultative peu risquée. Si ceux-ci ont réduit le temps d’attente pour des opérations qui vous changent la vie, comme la prothèse de hanche (une opération dont le NHS était en fait pionnier), ils ont aussi garanti un revenu minimum pour des entreprises privées. Des millions de livres ont été payées par le NHS pour des opérations qui n’ont jamais été pratiquées. Le gouvernement Blair a aussi créé le « Réseau de choix étendu » qui permet aux centres privés de traiter les patients du NHS pour une somme rondelette. Dans ces deux cas, des institutions privées étaient libres de choisir les patients qui leur rapporteraient le plus ; les hôpitaux du NHS, eux, étaient aux prises avec les dettes, les réductions de personnel et les fermetures de services, et ils se voyaient menacés de fermeture s’ils ne prouvaient pas leur « viabilité » financière.
Les travaillistes au gouvernement sont également responsables de l’augmentation phénoménale des PPP dans tout le secteur public. Les PPP permettent au gouvernement d’emprunter des sommes massives tout en gardant ces dettes en dehors de leur bilan financier. Les PPP sont apparus sous les tories en 1992, mais ils sont devenus sous les travaillistes la seule manière de financer la construction de nouveaux hôpitaux et de nouvelles écoles. Les PPP transforment les fonds publics en vache à lait pour les géants de la construction comme Balfour Beatty de même que pour les prêteurs internationaux. Décrits parfois comme « un hôpital pour le prix de deux », les PPP ne sont même pas cela : il s’agit de payer des sommes exorbitantes pour des équipements qui peuvent bien ne jamais revenir au secteur public. Aujourd’hui le NHS doit 65 milliards de livres empruntées dans le cadre de PPP ; les remboursements d’emprunts et d’intérêts augmentent de 18 % par an et peuvent représenter plus de 10 % des revenus annuels d’une caisse d’hôpital. On peut dire merci aux travaillistes.
Ce qu’il faut, c’est une nouvelle direction de la classe ouvrière qui soit déterminée à renverser l’ordre capitaliste. Pour stopper les privatisations, une direction lutte de classe mobiliserait les syndicats des travailleurs de la santé sur une série de revendications immédiates, comme la restitution au secteur public des hôpitaux et autres institutions médicales privatisés, et l’annulation de la dette due aux PPP. McKinsey, Circle, Harmoni, les entreprises diverses de Richard Branson et autres vautours de la City de Londres doivent être expulsés de tous les secteurs du NHS qui leur ont été cédés ! Un parti ouvrier révolutionnaire se battrait pour l’expropriation des entreprises de santé privées et des compagnies d’assurances et laboratoires pharmaceutiques ; il exigerait des soins médicaux gratuits et de qualité pour tous, dans le cadre d’une lutte pour la révolution socialiste.
Les bureaucrates syndicaux : entre douches froides et baratin
Les hôpitaux ferment. Les travailleurs de la santé sont licenciés. Des infirmières se tuent au travail dans des services en sous-effectif et ensuite le gouvernement les calomnie en disant qu’elles « n’ont pas prodigué de soins attentionnés de qualité ». C’est on ne peut plus clair : il faut se battre. Malgré ses défauts, le NHS est l’un des acquis les plus significatifs que les travailleurs aient obtenus du capitalisme britannique, et ils veulent le défendre jusqu’au bout. Il y a de grandes manifestations pleines de colère contre les fermetures d’hôpitaux dans le pays. Mais elles sont canalisées vers une voie sans issue pour faire pression sur le parlement : des politiciens de toutes tendances font des discours électoraux, et des conseillers municipaux, célébrités et militants de People Before Profit [nos vies valent mieux que leurs profits] du Socialist Workers Party se donnent pour but final d’élire un gouvernement travailliste.
Les travailleurs hospitaliers protestent en tant qu’individus mais leurs bureaucrates syndicaux font comme s’ils étaient de simples « citoyens » et non la force sociale qui pourrait changer la situation. L’Unison, le plus grand syndicat dans le NHS avec ses 400 000 travailleurs de la santé, proclame sur son site web : « L’UNISON a mené la campagne contre la loi sur la Sécurité sociale et nous ne cesserons jamais de nous battre pour défendre et améliorer notre NHS. » Comment les dirigeants proposent-ils de le faire ? « Les membres de l’UNISON ont la possibilité très directe d’envoyer leur message aux politiciens : par la pression politique. » Les dirigeants de l’autre grand syndicat des services de santé, l’Unite, appellent les membres du syndicat à envoyer des e-mails à Cameron et à leurs élus locaux.
Quand des grèves éclatent, comme récemment dans l’ouest du Yorkshire, elles se retrouvent isolées. 500 secrétaires médicales et réceptionnistes d’hôpitaux ont fait grève à plusieurs reprises contre la Fondation hospitalière du Mid Yorkshire qui tentait de les licencier pour les réembaucher à un salaire moindre. Les soutiens ont afflué de la part de patients et de travailleurs et syndicats hospitaliers de tout le pays, qui comprenaient avec raison que ces grévistes étaient en première ligne pour défendre le système de santé public. La direction de l’Unison a laissé entendre qu’elle organiserait un vote dans toute la section syndicale alors que les secrétaires retournaient au travail début février. Deux mois plus tard elle se dérobe toujours. Paul Holmes, membre du conseil exécutif national de l’Unison, disait lors d’un rassemblement de grévistes en février : « C’est le conflit le plus important dans la santé et toutes les caisses de santé vous regardent. Si vous perdez, elles vont elles aussi réduire les salaires. » Il avait raison, mais lui et les autres bureaucrates syndicaux ont-ils jamais appelé leurs autres adhérents à la grève ?
Les directions syndicales du secteur public limitent les grèves à des « journées d’action » deux ou trois fois par an, pour faire baisser la pression ; pendant ce temps les salaires et les acquis syndicaux s’érodent. Et c’est le cas tout autant pour les responsables syndicaux « de gauche », comme Mark Serwotka du syndicat Services publics et commerciaux (PCS), que pour ceux de droite. Il y a eu beaucoup d’occasions pour lancer la bataille, notamment la grève du 30 novembre 2011 contre les attaques envers les retraites du secteur public. Mais dès que la grande manifestation avait pris fin, Brendan Barber, qui était alors le secrétaire général du TUC [confédération des syndicats], et Dave Prentis, le dirigeant de l’Unison, ont annulé toute nouvelle action. Des militants de l’Unite dans le NHS (et le conseil municipal), reflétant la colère à la base, ont rejeté l’offre du gouvernement, tout comme l’a fait le PCS, principal syndicat du public. Ce dernier a appelé ses 270 000 membres à une grève de protestation de 24 heures dans le secteur public le 20 mars, le jour de la présentation du budget. Au lieu de se plaindre du refus de gens comme Prentis d’organiser des grèves unitaires, une direction lutte de classe passerait outre et appellerait la base des autres syndicats du secteur public à faire grève ensemble.
Len McCluskey, le secrétaire général de l’Unite, connu pour ses postures « de gauche », a présenté une motion à l’automne 2012 appelant le TUC à « continuer à mener la lutte depuis les avant-postes » avec des « campagnes de grande envergure, y compris en envisageant une grève générale » contre l’austérité et en étudiant la faisabilité d’une telle grève. Une chose en dit long sur la bureaucratie syndicale : cette motion a été présentée dans le TUC par l’Association des gardiens de prison. Ces brutes n’ont pas leur place dans le mouvement ouvrier ! Pourtant ils sont volontiers accueillis comme des « travailleurs en uniforme » par le Socialist Party et les dirigeants syndicaux traîtres, y compris dans le PCS qui syndique les flics chargés de l’immigration. C’est un scandale.
Lors de l’énorme manifestation du TUC du 20 octobre 2012 (un samedi), de nombreux travailleurs ont applaudi ceux qui, comme McCluskey, déblatéraient sur la grève générale depuis la tribune. Une lutte de classe commune de tous les grands syndicats est absolument nécessaire ; mais elle n’est pas dans l’intention des directions syndicales. Près de six mois plus tard, comme on pouvait s’y attendre, la motion est toujours lettre morte. Le Socialist Party, qui se trouve dans la direction du PCS, a toujours au bout de six mois le même espoir béat que le TUC « fixe le jour » d’une grève générale de 24 heures. La perspective de ces soi-disant socialistes, c’est de soutenir par la bande le Parti travailliste : « Une grève de 24 heures ainsi que les actions prévues ensuite pourraient faire éclater la coalition gouvernementale et mener à des élections générales » (Socialist, 21 novembre 2012). « Chassons les tories ! » – c’est de même la seule perspective qu’offre la bureaucratie de l’Unite. Sous le titre « Le NHS est à nous – sauvons-le ! », le site web de l’Unite dit : « Dans deux ans le pays retourne aux urnes. Faites ce qu’il faut pour que le parti qui peut sauver le NHS soit celui qui gagnera. »
L’« esprit de 1945 » du travaillisme à l’ancienne
Chacun sait que, lors de sa fondation en 1948, le NHS avait promis des soins médicaux universels et gratuits pour tous. Avec le service public de santé et le système national de protection sociale, les gens allaient être pris en charge « du berceau jusqu’à la tombe ». Le nouveau film de Ken Loach l’Esprit de 45 décrit avec force l’impact qu’a eu le NHS sur la vie des travailleurs. Certains se souviennent des horreurs de la vie avant la création du NHS : des familles incapables de payer la visite du docteur pour un enfant malade, le décès évitable d’une mère suite à une infection pendant l’accouchement, la visite de l’huissier venant le vendredi exiger l’argent des honoraires médicaux. Loach fait l’éloge du gouvernement travailliste de Clement Attlee, qui accéda au pouvoir grâce à un raz de marée électoral en 1945 et qui introduisit ensuite le NHS.
Le capitalisme britannique est sorti de la Deuxième Guerre mondiale avec un empire en pleine désintégration et une bonne partie de son économie en faillite. Une vague de combativité ouvrière déferlait sur l’Europe. Malgré ses déformations sous la botte de la bureaucratie stalinienne parasitaire, l’Union soviétique (et par extension les partis communistes de masse du monde capitaliste) avait une autorité énorme car elle avait payé le plus lourd tribut à la lutte pour vaincre les armées nazies. En quelques années le capitalisme fut renversé dans la plupart des pays d’Europe de l’Est qui restaient sous le contrôle de l’armée soviétique. Les gouvernements d’Europe de l’Ouest commencèrent à développer les programmes sociaux à la fois pour apaiser la lutte de classe et pour contrer l’influence de l’Union soviétique. Le député tory Quintin Hogg déclarait en 1943 : « Si vous ne donnez pas la réforme sociale au peuple, il vous donnera la révolution. » Dans ce contexte la classe capitaliste britannique accepta, de mauvaise grâce, la création du NHS, dont le projet avait été élaboré pendant la guerre par William Beveridge, un économiste du Parti libéral.
Le Parti travailliste, une fois au gouvernement, resta dévoué à administrer le capitalisme britannique. Les nationalisations d’après-guerre équivalaient à un gigantesque plan de sauvetage de la bourgeoisie. Le film de Loach ne le montre pas, mais le gouvernement Attlee envoya l’armée contre les dockers en grève en 1945, comme l’aurait fait tout autre gouvernement capitaliste. Au service de l’impérialisme britannique, il contribua aussi à fonder l’OTAN, envoya des troupes contre les Etats ouvriers déformés nord-coréen et chinois, mena une sale guerre coloniale en Malaisie et organisa la partition de l’Inde qui fut sanglante. Les attaques contre les acquis du NHS commencèrent en 1952 : alors des frais furent introduits pour les prescriptions médicales et les lunettes afin de contribuer au financement de la guerre de Corée.
Même à son apogée, le NHS ne fournissait pas des soins correspondant aux besoins de la population. Dans les années 1950, le scientifique marxiste John Desmond Bernal résumait ainsi ses défauts :
« C’est encore un service de santé plus sur le papier qu’en réalité. La défense des intérêts nationaux a fait que la Grande-Bretagne a construit peu de nouveaux hôpitaux et de centres de santé depuis la fin de la guerre. En grande partie le Service national de santé dépend toujours des vieux cabinets médicaux, où des médecins submergés de travail donnent à la chaîne des médicaments inefficaces aux patients, et leur donnent des conseils qu’ils ne peuvent suivre. »
– Science in History, volume III (1954)
L’un des aspects les plus grotesques du capitalisme, c’est que la vie elle-même (l’espérance de vie en bonne santé) dépend inévitablement pour une bonne part de la classe sociale à laquelle on appartient. Dans les parties les plus pauvres du Merseyside, où l’espérance de vie masculine est de 67 ans, les hommes sont généralement frappés d’un handicap ou un autre à l’âge de 44 ans ; dans les quartiers plus riches de l’Ouest de Londres, ces chiffres sont respectivement de 89 et 74 ans. Un résident de Kensington ou Chelsea peut espérer vivre plus de 14 ans de plus qu’un habitant de Glasgow. Rien que dans la capitale – la ville la plus inégalitaire du monde développé, d’après le livre de Danny Dorling Injustice : Why Social Inequality Persists – on dit qu’à chaque arrêt de la ligne de métro Jubilee vers l’est de Londres l’espérance de vie diminue d’une année.
Le capitalisme est mauvais pour la santé !
Dans les années 1990, après la contre-révolution en Union soviétique et en Europe de l’Est, les bourgeoisies d’Europe de l’Ouest se sont mises à démanteler ce qui restait de l’Etat-providence institué après la Deuxième Guerre mondiale. Ces attaques redoublent aujourd’hui car les capitalistes doivent se faire concurrence dans un marché mondial en crise profonde. Même si nous marxistes ne partageons pas les illusions social-démocrates dans les projets de nationalisations, nous soutenons fermement les luttes défensives des travailleurs contre les privatisations ; celles-ci dans les faits ne sont rien d’autre que de brutales attaques antisyndicales contre l’emploi et le niveau de vie des travailleurs.
Pour de nombreux ouvriers en Grande-Bretagne, on atteint le point de rupture. Le niveau de vie baisse pour la cinquième année consécutive. Le gouffre entre riches et pauvres s’élargit. Près d’un demi-million de personnes sont au chômage depuis un an ou plus et ceux qui ont « la chance » de travailler sont censés accepter le gel ou la baisse de leur salaire, l’augmentation du coût des retraites et le surmenage. Les conditions de travail et les salaires des travailleurs de la santé, fixés au niveau national, sont remplacés par des accords locaux et des « salaires au rendement ». Les emplois sont décimés dans la production industrielle et le commerce de détail, les ouvriers jetés à la rue. Et l’absence relative de toute riposte sérieuse des syndicats contre les attaques de ce gouvernement (et du gouvernement travailliste avant lui) encourage la bourgeoisie à exiger encore et toujours plus d’austérité.
La défaite de la grève des mineurs en 1984-1985 était un moment charnière qui a fait pencher la balance contre la classe ouvrière. Thatcher a provoqué la grève en se mettant à fermer toute l’industrie charbonnière ; son objectif était de détruire le Syndicat national des mineurs (NUM), qui était depuis des dizaines d’années un bastion combatif du prolétariat britannique. Le TUC était ouvertement hostile à la grève, et la direction du Parti travailliste, avec Neil Kinnock à sa tête, a condamné le NUM qui affrontait de plein fouet toutes les forces de l’Etat capitaliste. Quant à la « gauche » du TUC, elle s’est livrée à beaucoup de baratin et même à son propre sabotage en coulisse. Si les syndicats des cheminots et des dockers avaient suivi la grève des mineurs, ils auraient paralysé le pays et obtenu une victoire historique pour la classe ouvrière. Mais les « dirigeants » de ces syndicats n’étaient pas prêts à se mesurer au gouvernement. Leur perspective se limitait à remplacer les tories par les travaillistes, et le Parti travailliste était déterminé à briser la grève. Les mineurs ont tenu bon pendant douze mois, mais ils étaient isolés et ils ont perdu. Arthur Scargill a mené la grève des mineurs aussi loin qu’elle pouvait aller dans le cadre de la combativité syndicale, mais il n’a jamais rompu avec la perspective politique du travaillisme.
La leçon que les dirigeants syndicaux traîtres tirent de cette défaite (à savoir qu’il n’est pas possible de se battre) ne fait que souligner le besoin de forger une nouvelle direction syndicale : non pas des laquais travaillistes qui se prosternent devant le parlement, mais des dirigeants ouvriers qui misent sur la puissance sociale de leur propre classe et qui soient déterminés à obtenir ce dont les travailleurs ont besoin, et non ce que les patrons estiment possible. Le NHS dépend fortement des travailleurs intérimaires. Les syndicats doivent exiger qu’ils bénéficient de l’intégralité du salaire et des conditions de travail contractuels, et ils doivent syndiquer les non-syndiqués. Particulièrement dans le NHS, où les immigrés constituent depuis sa création une composante clé de la classe ouvrière, il est nécessaire que les syndicats se battent pour défendre les droits des immigrés, notamment l’accès gratuit aux soins médicaux. Il faut aussi répondre aux besoins des nombreuses femmes travailleuses en exigeant des salaires égaux, la prise en charge des enfants et la protection contre les discriminations.
Des demandes d’explication concernant des PPP, faites au nom de la loi sur la liberté de l’information, ont été rejetées sous prétexte du secret commercial ; on dissimule ainsi un ensemble complexe de procédés malhonnêtes payés avec l’argent des travailleurs britanniques. Nous exigeons que soient ouverts les livres de compte de ces opérations d’arrière-boutique entre entrepreneurs et spéculateurs financiers et leurs hommes de main au gouvernement. Le dirigeant révolutionnaire Léon Trotsky insistait que la classe ouvrière a le droit de « déterminer la véritable part du capitaliste individuel et de l’ensemble des exploiteurs dans le revenu national ; [de] dévoiler les combinaisons de coulisses et les escroqueries des banques et des trusts ; [de] révéler enfin, devant toute la société, le gaspillage effroyable de travail humain qui est le résultat de l’anarchie capitaliste et de la pure chasse au profit » (Programme de transition, 1938).
Quel que soit le parti au gouvernement, le capitalisme consiste à écraser les travailleurs et à gonfler les profits. Contrairement aux rêves réformistes, ce qu’il faut ce n’est pas revenir au bon vieux temps du travaillisme à l’ancienne, mais briser l’ordre capitaliste pourrissant qui pousse les travailleurs à l’abîme et le remplacer par un gouvernement ouvrier qui se donne pour but de construire une société socialiste. Pour cela il faut aux travailleurs un parti révolutionnaire, et pas des réformistes insipides comme le Socialist Party ou le Socialist Workers Party, qui sont à la traîne de la bureaucratie syndicale et se contentent de marchander sur la quantité d’austérité que la classe ouvrière doit accepter. Nos camarades de la Spartacist League/U.S. écrivaient :
« La santé, c’est bien plus que des piqûres, des pilules et des bistouris : c’est un logement convenable, de la bonne nourriture en abondance, la connaissance de la biologie humaine, de l’air non pollué, des conditions de travail sûres et convenables, l’application rigoureuse des principes de santé publique. La médecine ne peut pas sauver des vies ravagées par la pauvreté et la malnutrition. […] « Quand nous aurons mis à bas le système capitaliste qui vend des vies humaines contre des dollars, nous pourrons établir une nouvelle société socialiste où la vie humaine, la personne et la dignité humaines compteront. Les médecins seront au service du peuple et les hôpitaux seront des refuges où l’on soignera les malades ; la recherche sur les vaccins, les techniques médicales nouvelles et les médicaments sera coordonnée internationalement pour le bien de tous. Quand les travailleurs du monde seront aux commandes, les seules limites de la santé humaine seront scientifiques, et celles-ci seront constamment repoussées par une recherche réfléchie et énergique. »
– Women and Revolution n° 39, été 1991
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/205/nhs.html
submitted by ShaunaDorothy to FranceLeBolchevik [link] [comments]

[17 MILLIONS € !! ] LA VOITURE LA PLUS CHÈRE DU MONDE : LA ... TOP 10 des meilleurs jeux de réflexion - YouTube jeux de voiture gratuit - YouTube ♥Meilleur site de vente au enchere de voiture en ligne ... Vlogs touristiques - Top 10 plus beaux sites de France ...

Plus de 15 000 promotions sur 35 marques de voitures neuves dans toute la France. Trouvez en quelques clics la meilleur offre près de chez vous sur la marque et modèle de votre choix. C’est-à-dire que la concession vend la voiture au bailleur (organisme de financement), lequel la met à disposition de l’automobiliste moyennant le remboursement de loyer. Cette relation tripartite peut inclure des spécificités comme l’entretien du véhicule dans la concession ou encore l’assurance automobile de la voiture. Elite-Auto a reçu le Trophée Or de la catégorie "Concession Digitale", décerné par le magazine Auto Moto. Celui-ci vient récompenser le travail réalisé par notre site afin de vous proposer les remises auto les plus intéressantes sur véhicules neufs, tout en vous offrant un service client de qualité. On me propose de payer le jour de la livraison, mais est-ce que les frais de livraison sont compris dans le prix de la voiture, ou est-ce que c'est en plus, et si oui, à combien ca pourait monter ? Merci de témoigner si quelqu'un c'est déjà servi de ce site ;) . Bonne soirée. Tous les acheteurs de voitures visitent d’abord les sites internet avant de se rendre dans les points de vente ! Grâce à son expérience dans le domaine de l’automobile, l’agence Business to web s’est spécialisée dans la création de site internet pour concessionnaire automobile: site web à votre image, visibilité de votre concession et distribution de vos annonces.

[index] [4637] [2916] [488] [5978] [852] [6141] [3718] [4645] [3370] [12]

[17 MILLIONS € !! ] LA VOITURE LA PLUS CHÈRE DU MONDE : LA ...

Les Bourreliers-selliers sont de véritables orfèvre du cuir, que l'on ne retrouvent plus beaucoup, mais une concession automobile à la Roche-Sur-Yon veille encore jalousement sur le site ... N'oubliez pas de m'ajouter sur instagram: GMK001 !! http://www.instagram.com/gmk001 voici le liens des site de ventes aux enchere de vehicules https://www.interencheres.com/vehicules/vehicules-particuliers/ https://vpauto.fr https://www.five... Les informations de la vidéo (CCM): http://www.commentcamarche.net/ Cublic: http://www.clubic.com/ 01net.com: http://www.01net.com/ Les informations... Depuis plus de 70 ans, le Groupe GEMY, 1er distributeur mono-constructeur de France, s’est construit jour après jour pour devenir un acteur majeur et incontournable du monde de l’automobile ...

http://forex-china.newideamining.website